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L'ÉTUDE DES ONG > LES CRITÈRES

 
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MessagePosté le: 30/09/2008 08:43:14    Sujet du message: L'ÉTUDE DES ONG > LES CRITÈRES Répondre en citant

L'ÉTUDE DES ONG > LES CRITÈRES

Cinq principaux critères sont proposés pour dresser le portrait signalétique d'une ONG humanitaire et étudier son positionnement stratégique dans un conflit armé :

1) l'engagement idéologique ;
2) la neutralité politique sur le terrain de l'action ;
3) la proportion de financements publics et privés ;
4) la transparence ;
5) la capacité d'analyse et d'autocritique, ou la lucidité politique.


Ne sont pas retenus ici les paramètres habituellement utilisés par les bailleurs, dans le cadre d'une logique comptable : le pourcentage des frais administratifs et des fonds utilisés sur le terrain, la rapidité de réponse face à des situations d'urgence, la capacité logistique, la bonne gestion financière, etc. Ceux-ci ont certes leur intérêt. Mais ils ne permettent nullement d'étudier l'impact des opérateurs sur le terrain.

/ Les critères de l'engagement idéologique et de la neutralité politique

En matière de positionnement stratégique, il faut bien distinguer l'engagement idéologique d'une ONG et son impossible neutralité politique sur le terrain. Entendons-nous sur ces concepts de neutralités idéologique et politique. La neutralité idéologique consiste à ne pas afficher d'a priori en faveur d'un camp avant d'être intervenu dans un pays en guerre. Une fois sur place, la neutralité politique revient à ne pas prendre parti pour un des belligérants. En pratique, un pareil objectif est irréalisable car les secours apportés à des populations en danger contreviennent forcément aux logiques guerrières. Instrumentalisée à des fins d'épuration ethnique ou de victoire militaire, la faim a toujours été une arme de guerre. Les soldats de l'Europe médiévale, déjà, assiégeaient des villes entières ; aujourd'hui, les combattants du tiers-monde n'agissent pas autrement. En théorie, d'ailleurs, les famines "naturelles" ne devraient même plus exister au vu des progrès de la technologie, qui permet de vaincre les aléas du climat, et du développement des transports, qui facilitent la circulation des excédents agricoles à destination des régions déficientes pour peu que celles-ci, justement, ne fassent pas l'objet d'un blocus militaire.

Deux logiques humanitaires s'affrontent à ce propos. L'une vise à fournir les secours à "égalité" entre toutes les parties en lice dans un conflit, quitte à privilégier des régions déjà bien approvisionnées et à élaborer les programmes d'assistance en fonction des rapports de force militaires plutôt que des besoins. Le Comité international de la Croix rouge (CICR), qui défend souvent cette position, a ainsi réussi à assurer une assez bonne couverture nationale de pays comme le Soudan ou la Somalie, ce qui lui a valu une réputation d'impartialité mais l'a obligé à nourrir des populations qui n'étaient pas forcément nécessiteuses. Moins onéreuse pour les petites ONG ne disposant pas des moyens financiers du CICR, une autre logique tend, au contraire, à essayer de répondre aux besoins observés sur place, ce qui suscite le mécontentement des laissés-pour-compte et range - malgré eux - les opérateurs humanitaires dans un camp politique.

L'impossible neutralité politique sur le terrain, cependant, se distingue de l'engagement idéologique. En effet, de prétendues ONG "humanitaires" se rangent délibérément dans un camp. Les "religieuses" sont, bien sûr, les premières concernées quand elles poursuivent un objectif prosélyte, qu'il s'agisse de fondamentalistes islamiques ou d'intégristes chrétiens. Toutes ne révèlent certes pas un biais politique très prononcé, y compris dans les guerres aux aspects confessionnels les plus saillants. Les ONG "œcuménistes", qui prônent le dialogue entre les religions, prennent soin de secourir les populations dans le besoin indépendamment des croyances individuelles. A l'inverse, des "laïques" adoptent des postures combatives, à commencer, évidemment, par les "branches humanitaires" des guérillas et les "sous-marins" de régimes autoritaires.

Faisant le constat d'une impossible neutralité politique sur le terrain, certaines ONG occidentales décident aussi de soutenir ouvertement un camp —les Scandinaves s'en sont fait une spécialité en Afrique australe, au Nicaragua et au Soudan. D'autres servent les intérêts de leurs Etats d'origine. Nul doute que les ONG, parce qu'elles sont placées aux premières loges, constituent des informateurs essentiels pour les diplomates —qui ont ensuite beau jeu de rechigner à aller récupérer leurs ressortissants en difficulté sur des terrains officiellement "interdits"— et les médias, dont les envoyés spéciaux pallient la disparition des correspondants de guerre en passant par le relais des humanitaires pour réaliser leurs reportages.

2/ Les critères de l'indépendance financière et de la transparence

Relativement aux interférences des gouvernements, le pourcentage de financements publics et privés dans le budget d'une ONG représente un autre critère important au regard des pesanteurs de la contractualisation de l'aide et de la conditionnalité des programmes commandités par les bailleurs de fonds. Encore faut-il noter que ces proportions sont toujours celles annoncées par les opérateurs : un chercheur n'a ni les moyens ni le mandat d'aller " éplucher " la réalité des comptes d'une ONG. Autre remarque d'importance, le pourcentage de financements publics n'est pas toujours très significatif d'une dépendance politique vis-à-vis des bailleurs de fonds institutionnels. Au vu de la grande variété des " guichets " humanitaires, une ONG peut fort bien diversifier ses sources de revenus publics, tandis qu'une organisation intergouvernementale peut également faire appel à la générosité de particuliers, de fondations caritatives ou d'entreprises mécènes : environ un tiers des revenus de l'Unicef (United Nations Children's Fund) provient ainsi de dons privés, notamment en vendant des cartes de vœux, et le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés) s'est doté pour ce faire d'associations de soutien en france et en Grande Bretagne.

Après un rapide descriptif budgétaire, on affinera donc l'analyse en ajoutant un indicateur de transparence. Certaines associations ne publient pas de rapport d'activités, et encore moins de bilan financiers. Par publication, on entend une diffusion desdits rapports et bilans en dehors des seuls bailleurs institutionnels, donateurs et membres de l'association. Il est important de noter à ce propos qu'il n'existe pas forcément de corrélation entre la transparence d'une ONG et la qualité de ses performances sur le terrain. La diffusion de rapports d'activités et de budgets satisfait seulement une exigence de « redevabilité » vis-à-vis du public en général, tant dans les pays du Nord que du Sud. A l'instar de la méthodologie employée par le One World Trust en 2003, la transparence s'apprécie alors par la mise en ligne sur Internet d'informations susceptibles de répondre à des interrogations citoyennes sur le fonctionnement des associations de solidarité internationale. Un moment testées par l'Observatoire de l'Action humanitaire, les démarches entreprises par téléphone ou par courrier s'avèrent trop aléatoires à cet égard : dans une même ONG, un(e) standardiste peut, du jour au lendemain, décider d'envoyer ou non un rapport d'activités, tandis qu'une lettre présente toujours le risque de s'égarer. De plus, le développement d'Internet fait qu'il est désormais possible de mettre des fichiers en ligne pour un coût dérisoire. La transparence des ONG se mesure donc en consultant leur site Internet une seule fois par an, généralement en milieu d'année. On s'attend à y trouver les rapports d'activités et les comptes d'emplois et de ressources de l'année précédente et, mieux encore, des années antérieures. Dans les structures internationales, l'étude se focalise sur le site Internet de la « maison mère » ; des précisions concernant les sociétés membres au niveau national sont apportées dans la partie de la rubrique « Commentaires » qui traite de la « communication externe » d'une association.

La transparence des ONG s'échelonne de la façon suivante :


Degré 0 : pas de diffusion connue des rapport de comptes et d’activités. Le site Internet ne donne accès à aucun budget annuel ;
Degré 1 : le site Internet ne donne accès à aucun compte d'emplois et de ressources. La mission sociale de l'ONG est précisée mais les activités sont présentées de façon succincte et pas toujours exhaustive, sans chiffres budgétaires sur les fonds effectivement dépensés sur le terrain ;
Degré 2 : le site Internet donne accès à un seul compte d'emplois et de ressources, vieux d'un an ou plus. Il n'y a pas de rapport d'activités qui détaille les fonds engagés ou dépensés par programme ou par pays. Au mieux, on trouve un rapport annuel ou moral qui tient du pamphlet publicitaire et n'énumère pas la totalité des programmes menés dans chaque pays ;
Degré 3 : la transparence de l'ONG satisfait l'un des deux critères suivants. Soit le site Internet de l'association donne accès à plusieurs comptes d'emplois et de ressources, vieux d'un an ou plus. Soit l'ONG met en ligne un seul compte d'emplois et de ressources mais complète ses informations par un rapport d'activités ou des fiches-pays qui énumèrent la totalité des programmes menés et/ou détaillent les fonds engagés ou dépensés à ce titre ;
Degré 4 : le site Internet donne accès à un ou plusieurs comptes d'emplois et de ressources, le plus récent étant vieux d'un ou deux ans au maximum. Un ou plusieurs rapports d'activités ou fiches-pays énumèrent par ailleurs la totalité des programmes menés et détaillent davantage les fonds engagés ou dépensés à ce titre, notamment en précisant l'origine des ressources financières disponibles sur le terrain ;
Degré 5 : attestant de la régularité des efforts de transparence d'une ONG, le site Internet donne accès à un ou plusieurs comptes d'emplois et de ressources, le plus récent étant vieux d'un ou deux ans au maximum. Un ou plusieurs rapports d'activités ou fiches-pays énumèrent également la totalité des programmes menés et détaillent les fonds engagés ou dépensés à ce titre en précisant nommément l'origine et les montants des ressources financières disponibles sur le terrain. A l'occasion, la publication du pourcentage de fonds dédiés complète utilement le tableau. Encore mieux, le rapport annuel ou moral de l'association témoigne d'un réel sens de l'autocritique.

3/ Le critère de la capacité d'autocritique, ou de la lucidité politique

Le dernier critère consiste à étudier la capacité d'analyse et d'autocritique d'une ONG, c'est-à-dire son aptitude à :

-évaluer l'incidence, dans le contexte local, de ses actions avant, pendant et après une mission ;
-estimer la qualité de ses prestations indépendamment de la logique contractuelle des bailleurs ;
-corriger le tir au cours d'un programme et, éventuellement, renvoyer les éléments dévoyés, à titre individuel, dans des affaires d'abus sexuels, de vols, de violences ou de trafics d'influence ;
-se désengager des situations où, manifestement, l'aide est détournée à des fins militaires.

Il s'agit là de s'intéresser à la stratégie d'une organisation. Un soutien délibéré ou imposé à un belligérant fait toute la différence, quoi qu'il en soit, par ailleurs, des vœux pieux quant à une neutralité de toute façon impossible au vu des enjeux politiques de l'aide. Pour venir au secours de populations en danger, certains choisissent ouvertement leur camp, à l'instar des brigades internationales du côté républicain pendant la guerre d'Espagne en 1936. Leur ralliement perd alors de son sens humanitaire lorsqu'il revient à appuyer un effort militaire et ne consiste plus, simplement, à payer une dîme révolutionnaire en vue d'avoir accès aux victimes des conflits. Pareille option distingue bien le volontariat " mercenaire " des compromis d'une ONG qui, pour essayer de sauver des vies, assisterait impuissante au détournement de sa logistique à des fins militaires et se retrouverait à jouer le rôle de Croix-Rouge d'une armée ou d'une guérilla.

En étudiant la genèse d'une ONG, on prêtera donc une attention soutenue :

- aux modalités d'ouverture et de fermeture d'une mission ;
- aux exercices de lobbying diplomatique et médiatique ;
- aux relations avec les partis politiques, les armées gouvernementales et les mouvements de rébellion ;
- à la prédation des seigneurs de guerre et aux rackets des dictatures ;
- aux éventuelles discriminations en matière de soins et de distribution des vivres ;
- à l'impact de l'aide dans un pays en guerre et aux conséquences, en retour, des activités sur le terrain: détournements, enlèvements ou assassinats des travailleurs humanitaires, etc.

4/ L'intelligence humanitaire

Au regard de la complexité des interventions dans les conflits armés, c'est finalement la lucidité politique qui permet de mieux comprendre la performance professionnelle d'une ONG. De fait, aucun des quatre autres critères précédemment énoncés ne suffit, en soi, à cerner les véritables intentions humanitaires d'une association de bienfaisance.

En effet, l'engagement idéologique d'une ONG ne préjuge pas forcément de la qualité de ses actions. Le soutien affiché à une guérilla peut se révéler positif pour peu que cette dernière respecte les lois de la guerre et tente d'éviter les abus. Parmi les différentes "branches humanitaires" des mouvements de lutte armée en Afrique, par exemple, l'ERA (Eritrean Relief Association) ou la REST (Relief Society of Tigray) se sont bien distinguées de coquilles vides comme la SRRA (Sudan Relief and Rehabilitation Association), au Soudan, et ont sincèrement cherché à aider les populations dans le besoin, respectivement en Erythrée et en Ethiopie. En d'autres termes, l'appui apporté à un belligérant importe moins que l'incapacité à apprécier la conduite de celui-ci. La justesse d'une cause politique ne suffit sûrement pas à certifier la valeur humanitaire d'une des parties en lice : combattre la junte islamiste au pouvoir à Khartoum, en l'occurrence, ne fait pas de la SRRA l'appendice démocratique d'une guérilla par ailleurs connue pour ses nombreuses exactions et atteintes aux droits de l'homme. De la même façon, les bonnes intentions d'un travailleur humanitaire n'excusent nullement son aveuglement.

Autre critère en discussion, l'impossible neutralité politique d'une ONG sur le terrain n'est pas forcément problématique en tant que telle, surtout quand elle traduit une réelle empathie avec les populations locales. Au contraire, on assiste à une politisation qui n'a rien de contradictoire avec des objectifs humanitaires et qui assigne aux associations de solidarité internationale une fonction de veille, de témoignage et de lobbying, notamment dans l'enceinte des négociations multilatérales sur la protection des réfugiés, les droits de l'homme, l'environnement ou l'établissement d'une cour de justice chargée de sanctionner les crimes contre l'humanité. Handicap International a beaucoup fait en faveur d'un traité bannissant l'usage des mines ; à force de pétitions, Médecins sans frontières, pour sa part, a réussi à obtenir une commission d'enquête parlementaire à propos du rôle de la France au Rwanda ; ceci sans parler de la diplomatie active de médiateurs comme la Communauté de Sant'Egidio, qui a permis de mettre fin à la guerre civile au Mozambique avec la signature des accords de paix à Rome en 1992.

La dépendance budgétaire vis-à-vis des bailleurs de fonds institutionnels n'est pas non plus un critère rédhibitoire, on l'a vu : les ONG peuvent diversifier leurs sources de financements publics pour échapper à la conditionnalité des programmateurs de l'aide et ne s'interdisent pas toujours de rompre un contrat lorsque la poursuite d'une opération d'assistance s'avère contre-productive. En outre, les financements privés des "donacteurs", qui participent de près au montage des programmes, ne sont pas dégagés de toute conditionnalité : des mécènes imposent parfois des contraintes géographiques ou thématiques à l'élaboration d'un projet humanitaire, ce qui n'est pas sans problèmes lorsqu'il s'agit de compagnies minières ou pétrolières déjà parties prenantes à un conflit.

L'absence de transparence, enfin, ne témoigne pas systématiquement d'une mauvaise foi des acteurs humanitaires, en particulier lorsqu'on songe aux petites associations du tiers-monde, qui travaillent sans moyens. De ce point de vue, la capacité d'autocritique et d'analyse d'un opérateur constitue sans doute le critère le plus déterminant en la matière. Dans l'urgence, seules certaines ONG savent prendre le temps de la réflexion pour tenter plus ou moins empiriquement de comprendre le contexte local et d'adapter leurs programmes en conséquence. Sachant le fort taux de rotation du personnel et une faible mémoire institutionnelle, il n'est pas facile de tirer les leçons du passé.
_________________
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MessagePosté le: 30/09/2008 08:43:14    Sujet du message: Publicité

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