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Dossier : Excision

 
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MessagePosté le: 14/03/2009 09:20:11    Sujet du message: Dossier : Excision Répondre en citant

Burkina-Mali : excision sans frontières
La pratique, interdite au Burkina Faso, s’exporte au Mali au sein de la communauté burkinabé

Au Burkina Faso, l’application de la loi contre l’excision a confiné la pratique à la transfrontalité. Profitant du vide juridique entourant cette pratique au Mali, des parents s’en vont exciser leurs filles dans ce pays, sous le regard impuissant des acteurs de la lutte.

Notre correspondant au Burkina Faso

Koro, porte d’entrée au pays dogon, à l’Est du Mali, par la frontière burkinabè. Cette petite ville sahélienne attire de nombreux touristes occidentaux. Son marché, à la renommée bien établie, draine, chaque samedi, des commerçants et clients venus des pays voisins. Il n’y a pas que des touristes et des marchands qui accourent à Koro. Depuis quelques années déjà, la ville tient lieu de forum shopping, à de nombreux burkinabè, venus faire exciser leurs filles. « Au Burkina Faso, affirme le Dr Nestorine Sangaré, directrice exécutive d’un centre de recherche sur le genre et le développement, la loi contre l’excision a confiné la pratique dans la clandestinité dont la transfrontalité est l’une des formes émergentes. » Les populations feignant d’avoir abandonné la pratique, ont trouvé une nouvelle trouvaille en vue de la perpétuer. Contourner la loi en amenant exciser leurs fillettes à l’étranger est devenu le nouveau stratagème.

Le Mali est leur destination favorite. Là, aucune loi n’interdit la pratique qui, du reste, est perçue favorablement dans l’opinion publique. « On nous l’interdit ici. Ce n’est pas le cas à Koro, pourquoi je n’y irai pas », se satisfait sans gène, Mariam [nom d’emprunt], venue de Ouahigouya, ville burkinabè frontalière à Koro.

Pratique soutenue par la communauté burkinabè

Pour l’heure, aucune donnée statistique ne permet de mesurer l’ampleur du phénomène. Mais les témoignages s’y rapportant sont édifiants. « Un des chefs de villages avec lequel nous menons le combat contre l’excision, m’a dit un jour que si nous voulions réussir notre combat, il nous fallait poster des agents de sécurité et de santé à la frontière avec le Mali, tant les populations y allaient en masse pour exciser leurs filles », atteste Fati Ouédraogo, chargée d’un projet de lutte contre l’excision à Ouahigouya, dans la région Nord du Burkina, frontalière du Mali.

La pratique est soutenue et organisée par une communauté burkinabè bien implantée à Koro. Craignant des dénonciations anonymes, Mariam a prétexté une visite à sa sœur aînée, mariée à koro. Elle y a été rejointe plus tard, par l’exciseuse. Après l’opération, cette dernière s’en est retournée au Burkina dans l’insouciance la plus totale. A charge maintenant pour Mariam et les siens de s’occuper des pansements. D’autres par contre, explique Fati Ouédraogo, déplacent simultanément les victimes et l’exciseuse. Par petits groupes, à dos d’âne, à moto ou à vélo, les fillettes sont convoyées à Koro, décrit Fati Ouédraogo.

« Chaque fois que nous communiquons à nos collègues maliens des cas d’excision, ils n’agissent pas »

Contre l’excision transfrontalière, aucune action n’a été entamée. Les acteurs de la lutte assistent impuissants au spectacle, faute de moyens et surtout par manque de légitimité. « Cette boucherie silencieuse m’écœure. Mais, je n’ai pas les moyens de l’empêcher », se désole la septuagénaire Aminata Magassa, responsable de l’association féminine " Kafo" de Koro. N’ayant pas une convergence de vue sur la pratique de l’excision, la coopération policière entre les forces de sécurité des deux pays est inefficace. « Chaque fois que nous communiquons à nos collègues maliens des cas d’excision, ils n’agissent pas », regrette Kpinh Dah, commandant de brigade de la gendarmerie territorial de Thiou.

Une conférence tenue, en septembre 2008, a regroupé les épouses des chefs d’Etat de la sous-region ouest africaine. La première dame du Mali, Lobo Touré, ne s’y était pas rendue. Au cours de cette rencontre, le Mali avait été critiqué pour ne pas avoir légiféré sur l’excision et avait été invité à le faire. Mais face aux groupes de pression et aux lobbies islamiques, cette loi risque de ne jamais voir le jour. Du moins, pas de sitôt.

Les jeunes et les nouvelles technologies, un binôme efficace contre l’excision ? Enda Tiers Monde en est convaincue. L’organisation sénégalaise a lancé le concours « Excision : jouez et gagnez », le 15 janvier, sur le site Les jeunes changent l’Afrique.org. Jusqu’au 28 février, les participants doivent soumettre « soit une image (photo, dessin, caricature…), soit une vidéo (théâtre, mime, comédie, musique…) » dénonçant les mutilations génitales féminines (MGF), qui concerneraient entre 100 et 140 millions de femmes, selon l’Unicef.

Le concours est né d’une étude qu’Enda et ses partenaires ont menée de 2006 à 2008 au Sénégal, au Mali et au Burkina Faso : « Contribution des TIC [1] à l’abandon des MGF en Afrique francophone : rôle citoyen des jeunes ». Afin que l’existence du jeu se propage, Enda a directement contacté les collectifs de jeunes rencontrés au cours des deux ans de recherche, qui doivent à leur tour faire circuler l’information.

Les garçons concernés par l’excision

La compétition est réservée aux 15-30 ans de neuf pays d’Afrique de l’Ouest francophone : le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo. « Nous avons ciblé l’Afrique de l’Ouest parce que c’est là que sont concentrées les principales zones d’excision. Il est vrai que l’excision existe dans des pays anglophones d’Afrique de l’Ouest, mais la langue française était pertinente, notamment à cause du problème des coûts de traduction », commente Marie-Hélène Mottin-Sylla, responsable de l’équipe synergie, genre et développement chez Enda.

« Excision : jouez et gagnez » redouble d’originalité en ce qu’il permet aux hommes de s’exprimer sur l’excision, souvent qualifié de « problème de femmes ». « L’un des résultats de l’étude, précise Marie-Hélène Mottin-Sylla, montre que les jeunes garçons s’approprient plus les TIC que les filles. Elle montre aussi qu’ils se sentent concernés par l’excision parce que leur mère, leur sœur, leur petite amie l’a peut-être vécue. Le sujet les touche d’autant plus qu’ils sont appelés à devenir chefs de foyers, et qu’à ce titre ils seront amenés à prendre des décisions… »

elon la présidente de l’ONG allemande, Christa Müller, INTACT qui appuyait seulement 3 organisations de lutte contre l’excision basées dans les régions des Plateaux et Centre, a décidé de s’ouvrir à 4 autres pour une riposte plus efficace contre les mutilations génitales féminines qui, au Togo, ont un taux de prévalence de 6 à 7%, selon les dernières études menées par la Direction de l’Action sociale et de la Promotion de la Femme.

Le nouveau partenariat qui va couvrir la période 2008-2011, sera signé en août prochain, et va permettre au projet "Libération", élaboré à cet effet, de quadriller les zones de prévalence au Togo comprenant 19 des 31 préfectures que compte le pays, a indiqué Mme Müller, au cours d’une conférence de presse samedi au Goethe Institut de Lomé.

Dans le cadre de ce projet, il est prévu 4 séminaires visant la reconversion des exciseuses. Ces femmes bénéficieront, à cet effet, de financements pour mener des activités génératrices de revenus, a précisé la présidente de l’ONG "Odjougbo" (principale partenaire de INTACT), Mme Akuavi Odah.

L’ONG allemande, pendant 3 ans, va prendre en charge 21 animateurs et animatrices de programmes et va les déployer sur le terrain afin qu’ils sensibilisent les populations sur les dangers des mutilations génitales féminines, précise le Plan d’action de ces ONG togolaises.

L’ONG allemande qui a mené pendant longtemps des actions similaires au Bénin, compte aider le Togo a éradiquer le phénomène de l’excision, a martelé la présidente de INTACT.

"Le pays principal pour nous aujourd’hui pour cette lutte est le Togo, car il dispose d’une loi qui combat l’excision", a-t-elle déclaré, soulignant que son ONG va mener des actions en concert avec des associations de femmes, des responsables religieux et traditionnels ainsi que le gouvernement du Togo.

L’ONG allemande INTACT créée en 1996, intervient au Bénin, au Burkina Faso, au Sénégal et au Togo pour l’éradication de l’excision.

xcision : deux points de vue africains
interviews sur l’excision

Le psychologue togolais Ferdinand Ezembe est le président-fondateur de l’association Afrique Conseil qui s’est fixée pour objectif d’exprimer les opinions des Africains sur des problèmes qui les concernent. Kadidia Sidibe est, quant à elle, la responsable de l’Association malienne pour le suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles (AMSOPT), créée en 1984 et agréée en tant qu’ONG en 1991

par Falila Gbadamassi

Ferdinand Ezembe :

Afrik.com : Que pensez-vous de l’excision ?

Dr Ezembe : Je voudrais tout d’abord dire que c’est un problème de femmes et que de fait en tant qu’homme je ne suis pas le mieux placé pour donner un avis.

Il est clair que l’excision a eu un sens à une époque donnée. Je vous fais cependant remarquer qu’on ne peut pas se permettre de juger une pratique de l’extérieur. La souffrance est bien sûr universelle mais il faut faire l’expérience de l’excision pour en parler. Dans ma profession, j’ai rencontré des excisées traumatisées et d’autres qui la revendiquaient tout en ne voulant pas l’imposer à leurs filles. Je ne parle pas ici de l’infibulation mais de la simple ablation du clitoris.

J’ai reçu le témoignage d’une femme de l’Afrique de l’Ouest qui m’expliquait qu’elle avait une sexualité normale .Elle avait d’ailleurs attendu l’excision avec impatience pour accéder à un lac où seules les excisées avaient le droit de se baigner. Elle m’a aussi expliqué qu’avant le grand jour, elle avait reçu une initiation sexuelle dont elle n’a pas voulu révéler le contenu puisque c’est un secret d’initiée. Il est normal que l’excision pose un problème dans un univers (le monde moderne) où elle est désacralisée.

Si les risques médicaux sont certains, il est cependant des régions entières où les femmes sont en majorité excisées. Ce ne sont pas pour autant des régions où la population féminine est décimée. En outre ramener le débat sur l’excision à un problème sexuel est quelque peu farfelu. Les femmes frigides, ça existe ! Ne déniions pas cependant la possibilité d’un droit de regard même si il appartient aux femmes des ethnies concernées de décider. Ne nous érigeons surtout pas en donneurs de leçons.

Afrik.com : Que pensez-vous de la position française ? Et de celle des hommes ?

Dr Ezembe : La France attaque l’excision parce que c’est avant tout une pratique africaine. Elle a elle même abrité au 19è siècle, un éminent chirugien, le professeur de Broca, fondateur de l’école anthropologique française qui conseillait l’excision. J’attends le jour où des Africains pourront proscrire une pratique culturelle française sous prétexte de barbarisme. Les hommes et les femmes dans ce domaine se rejettent la responsabilité. C’est le serpent qui se mord la queue. L’excision est devenu un problème économique quand on considère le statut de l’exciseuse.

Afrik.com : La position de l’ethnopsychiatrie telle que développée par Tobie Nathan vous paraît-elle probante en ce qui concerne l’excision ?

Dr Ezembe : La démarche de Tobie Nathan est intéressante parce qu’il est parti de l’assertion que nul ne devait s’ériger en donneur de leçons mais il s’est fait piéger par le travers que lui même dénonçait. Il n’est pas le mieux placé pour parler de l’excision. C’est comme si un psychiatre togolais était l’expert en ce qui concerne des pratiques typiquement occidentales. Tout le monde trouverait cela aberrant. La chose semble moins évidente quand il s’agit de demander l’avis de Nathan sur l’excision.

Kadidia Sidibe :

Afrik.com : Quelle est votre action au Mali et comment est venu votre intérêt pour la lutte contre l’excision ?

K. Sidibe : Je suis enseignante de formation et j’ai été très touchée par la mort d’une de mes élèves qui avait été excisée.

Afrik.com : Que pensez-vous de l’assertion selon laquelle l’excision est une ruse machiste ?

K. Sidibe : Il est vrai que les hommes historiquement en sont les initiateurs. Et ce sous le prétexte de préserver la fidélité des femmes. Ce sont pourtant elles qui la pratiquent et la revendiquent. Elles ont été psychologiquement marquées. On leur a toujours dit que non excisées, elles nuiraient à leurs enfants ou à leurs maris, coeur de leur vie.

Ce n’est pas seulement un concept de villageoises mais c’est aussi celui d’intellectuelles. La différence réside dans le fait qu’elles invoquent la médicalisation. Toute opération est d’ailleurs proscrite par un arrêté au Mali qui prévoit des poursuites pénales. On a constaté des grands changements dans la mesure où dans les 70 villages dans lesquels j’interviens, 20 ont arrêté de pratiquer l’excision.

Afrik.com : Qu’est ce qui vous paraît le plus important à retenir de l’excision ?

K. Sidibe : J’ai toujours cherché à comprendre l’excision. En tant que sonraï, groupe ethnique qui ne pratique l’excision qu’au contact des populations qui le font, je n’avais pas vraiment été confrontée à la chose. Je ne dis jamais que l’excision est une mauvaise chose. Seulement dans la culture africaine, il existe des aspects positifs et négatifs, malheureusement l’excision en fait partie. D’autant plus qu’elle a perdu sa valeur culturelle. L’excision, pratiquée à la puberté était précédée d’une période initiatique pendant laquelle la jeune fille apprenait à satisfaire sexuellement son époux en plus d’être une bonne épouse. C’est aujourd’hui, à mon avis, un problème économique. L’exciseuse dans le village est une femme reconnue qui reçoit des dons des villageois. La fin de l’excision mettrait fin à cet avantage économique non négligeable.
Appel à la solidarité

Suite à son excision, la lycéenne Fanta Camara souffre de troubles graves liés à la rupture de son sphncter urinaire. Une autre jeune fille âgée de 17 ans a besoin d’une intervention chirurgicale. Les internautes qui souhaiteraient aider au financement de ces opérations peuvent entrer en contact avec Fadidia Sidibe, à l’Association malienne pour le suivi des pratiques traditionnelles (AMSOPT), BPE 1543 Bamako (Mali), tél. 00 223 295 895. E-mail : amsopt@datatech.toolnet.org

Le nom des gagnants sera publié le 15 mars prochain sur Les jeunes changent l’Afrique.org. Le 30 mars, les lauréats, trois dans chaque catégorie, recevront un appareil photo numérique, une caméra numérique, des lecteurs MP4/MP4 et des clés USB. Lorsqu’on lui demande si l’enjeu risque de fausser l’intérêt des jeunes, Marie-Hélène Mottin-Sylla est catégorique : « Lorsque nous avons ouvert un forum virtuel de juin de 2007 à février 2008, les jeunes ont débattu et discuté, et à ce moment-là il n’y avait pas de concours ! Leur motivation est réelle ». Aucune candidature n’a pour l’heure été déposée. Pas de quoi inquiéter la responsable d’Enda, qui conclut que « les images et les vidéos arriveront dans les tous derniers jours ».
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