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Enquêter et dénoncer

 
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MessagePosté le: 10/05/2012 10:06:31    Sujet du message: Enquêter et dénoncer Répondre en citant

Enquêter et dénoncer


Amnesty International compte une centaine de chercheurs chargés de suivre la situation des droits humains sur un pays, une région ou une thématique. Responsable de l’Afrique de l’Ouest depuis 1992, Salvatore Saguès nous présente les grands axes et les évolutions de son métier.

Comment définissez-vous votre métier de chercheur à Amnesty International ?
Notre métier est hybride, il tient à la fois du journaliste, de l’universitaire et du travailleur humanitaire. Du journaliste, car, comme lui, nous travaillons dans l’urgence de l’actualité et il nous faut réagir le plus vite possible ; du chercheur, car on essaie de comprendre les causes et les structures des crises, on dispose pour cela de plus de temps que le journaliste ; enfin de l’humanitaire dans la mesure où toute recherche d’Amnesty vise à aider les victimes à obtenir justice et réparation. Toute recherche est axée sur la production d’un rapport et d’une campagne de mobilisation.

Quel est le domaine de compétence traditionnel d’un chercheur ?
Pendant longtemps, nous nous sommes axés sur les droits civils et politiques, c’est-à-dire la torture, les exécutions extrajudiciaires, les violences sexuelles, la liberté d’expression et d’association ou les « disparitions ». Chaque fois que ces droits essentiels sont violés, nous intervenons le plus vite possible pour enquêter et dénoncer.

Justement, au sujet des « disparitions » comment arrivez-vous à enquêter ?
Le concept de « disparition » a émergé en Amérique latine dans les années 1970. Un « disparu » est une personne dont il a été avéré qu’elle a été arrêtée par des forces de sécurité et dont on ne sait pas où elle se trouve ensuite. Cette situation est extrêmement difficile pour les familles de victimes qui restent dans l’expectative et ne peuvent pas faire leur deuil. C’est un acte de torture continu. Les proches espèrent toujours le retour du « disparu ». L’important pour nous est de vérifier si la personne a bien été arrêtée par les forces de sécurité. Nous cherchons à établir si cette pratique est récurrente, ce qui a été le cas durant le conflit en Casamance dans les années 1990. L’armée sénégalaise arrêtait de nombreux civils, certains étaient emprisonnés mais rapidement nous sommes arrivés à la conclusion que, dans la plupart des cas, ces personnes avaient été abattues. Nous avons alors constitué une liste d’une centaine de personnes dont il avait été avéré qu’elles avaient été arrêtées par les forces de sécurité. À défaut de tombe, cette liste constitue une sorte de mémorial en papier où le nom des « disparus » et les circonstances de leur disparition sont préservés de l’oubli.

Comment distinguez-vous ce qui relève des droits humains et du domaine politique ?
Lorsque nous menons une enquête, nous prenons en compte tous les paramètres en jeu. Les questions strictement politiques ne nous concernent pas directement. Ainsi, nous ne nous sommes pas prononcés sur le résultat de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire qui a débouché sur un terrible conflit entre les partisans de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara. De même, nous n’avons pas à répondre à la question de savoir si le président sénégalais Abdoulaye Wade avait le droit ou non de postuler à un troisième mandat en février 2012. Ces questions relèvent du processus électoral ou du droit constitutionnel. Par contre, nous avons amplement dénoncé les violations commises dans ces deux pays lors de ces scrutins et dans la période qui a suivi.

Depuis une vingtaine d’années, Amnesty International a élargi son champ d’action traditionnel, et travaille également sur des violations de type économique comme la mortalité maternelle au Burkina Faso. Pourquoi cette évolution ?
Lorsque nous avons débuté notre campagne sur la mortalité maternelle au Burkina Faso nous avons rencontré des ONG médicales et humanitaires qui travaillaient sur ce terrain depuis très longtemps, et toutes nous ont encouragés à œuvrer dans ce domaine. Nos approches respectives sont complémentaires ; ces ONG se situent dans l’urgence, la campagne d’Amnesty consiste à dire que la mortalité maternelle viole le premier des droits humains : le droit à la vie. Nous avons choisi la mortalité maternelle car elle implique toute une série de violences : mariages précoces, mariages forcés, absence de liberté dans la décision d’avoir des enfants, absence d’autonomie financière. Dans les pays du Nord, quasiment plus aucune femme ne meurt des suites d’une grossesse. Il n’y a donc là aucune fatalité. Nous avons montré que, au Burkina Faso, ce sont les femmes les plus pauvres qui en meurent. La solution de ce problème est bien sûr médicale et économique mais c’est aussi une question de droit : le droit de décider quand, combien et dans quel espacement de temps une femme veut avoir des enfants. C’est un droit inscrit dans la législation du Burkina. Si cette loi était appliquée et que les femmes connaissaient leur droit, des milliers de vies pourraient être sauvées.

À présent vous enquêtez sur la nébuleuse Al Qaïda au Maghreb islamique, comment procédez-vous ?
Cela fait un an que l’on y travaille. L’actualité désormais s’impose à nous avec ce qui vient de se passer dans le nord du Mali. La question est très difficile, car il s’agit effectivement d’une nébuleuse qui s’étend de la Mauritanie à la Somalie et du Mali au Nigeria. Il est évident que nous n’espérons pas pouvoir rencontrer les membres de ces groupes islamistes armés dans le désert et leur demander des comptes. Notre approche est double : tout d’abord, nous allons chercher à montrer que les victimes d’Al Qaïda ne sont pas uniquement les otages européens ou occidentaux dont on parle dans la presse mais aussi les populations locales. On va également montrer les effets pervers de la lutte anti terroriste, notamment en Mauritanie, qui aboutit à un usage systématique de la torture envers toute personne présumée avoir des liens avec le terrorisme.

Et face à l’actualité au Mali, que faites-vous ?
Sur le Mali, nous avons immédiatement réagi face aux violations commises à la fois par l’armée malienne et les groupes armés touaregs et islamistes. À nouveau, nous ne nous prononçons pas sur la question de l’indépendance du Nord Mali mais nous dénonçons les exactions commises par toutes les parties et leur impact sur les populations.


Lorsque Amnesty traite d’un pays où d’une situation, tous les acteurs responsables de violations sont pointés. En procédant ainsi, le danger n’est-il pas de mettre sur un pied d’égalité tous les protagonistes ?
Au sujet de la Côte d’Ivoire, nous sommes arrivés à la conclusion que les deux parties ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Nous cherchons à ce que les responsables soient jugés en fonction de leurs crimes. C’est la raison pour laquelle nous demandons que les deux parties répondent de leurs actes. Il n’y a ni équilibrisme ni révisionnisme de notre part. Simplement, on ne peut pas – au nom des souffrances subies – justifier les crimes commis à l’encontre de l’autre partie. Certains nous accusent de remuer les « vieux dossiers » et d’empêcher la « réconciliation » des populations après un conflit. Nous estimons, au contraire, que le pire danger c’est une justice des vainqueurs. Rien ne peut entraver davantage le rétablissement de l’État de droit et la restauration de la confiance. Pour reconstruire un pays déchiré comme la Côte d’Ivoire, il faut que les populations se rendent compte que des deux côtés les auteurs de violation répondent de leurs actes et que nul n’est protégé par une impunité justifiée par des fins politiques.

Avant la sortie d’un rapport avez-vous une procédure de validation interne pour limiter les risques d’erreurs ?
La responsabilité première incombe au chercheur mais c’est un travail collectif. Le premier jet du rapport est soumis pour commentaires à nos conseillers juridiques qui sont des spécialistes des droits civils et politiques ou des droits sociaux et économiques. Ces derniers indiquent les traités à mentionner ou les bonnes pratiques à instaurer. Il y a une sorte de va-et-vient avec ces spécialistes comme entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Le rapport est ainsi commenté et enrichi par cinq ou six personnes puis finalement validé par le responsable des programmes du continent concerné. La force d’un rapport d’Amnesty International, c’est qu’il engage l’organisation dans son ensemble. L’un de nos objectifs est ensuite de rencontrer les autorités et, lorsque cela est possible, les groupes d’opposition armés pour les confronter à leurs responsabilités et nous faire les porte-parole des victimes.

Face à l’actualité et aux crises qui se succèdent notamment en Afrique, êtes-vous optimiste ?
Un regard rapide et blasé de la situation pourrait mener à conclure que l’Afrique ne s’en sortira jamais. Mais le chemin parcouru par le continent depuis vingt ans est phénoménal. En 1990, la quasi-totalité des pays d’Afrique de l’Ouest était dirigée par des partis uniques. Vingt ans après, une société civile dynamique a, partout, vu le jour. Il ne sera plus possible de revenir à l’âge glaciaire des partis uniques et de la presse d’État. La récente élection au Sénégal qui a abouti, malgré des troubles, à une alternance démocratique et le tollé suscité par le coup d’État au Mali en sont deux preuves évidentes. Donc, oui, malgré les conflits récurrents, je demeure optimiste, sinon, je ferais un autre métier.

Propos recueillis par Benoît Guillou
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MessagePosté le: 10/05/2012 10:06:31    Sujet du message: Publicité

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